Le CLEMI

Accueil  >  Le Clemi  >  Productions médiatiques scolaires  >  Journaux et magazines scolaires et lycéens  >  Intéresser son lecteur et l’informer

Intéresser son lecteur et l’informer

Imprimer la page

Guide des jeunes rédactrices et rédacteurs

Intéresser, capter et retenir l’attention de ses lecteurs est le credo de tout journaliste : lire demande un effort. Il ne suffit pas d’écrire de bons papiers pour être lu. Il faut savoir « mettre en scène » les textes produits et les images. Imprégnez-vous, avec toute l’équipe de votre journal, des techniques de rédaction et de mise en page les plus essentielles. Et consultez, en fin de page, l’Atelier journal, pearltree rassemblant des guides utiles pour toutes les étapes de fabrication du journal : une véritable boîte à outils pour tout jeune rédacteur !

Ecrire comme les pros

Recourir à quelques techniques d’écriture journalistique vous permettra d’offrir à vos lectrices et lecteurs un contenu varié et documenté.

Utilisez toute la palette des genres

Le genre journalistique est lié au moyen dont l’information est collectée et à son mode d’écriture ou de réalisation. Voici les principaux genres :

  • La brève répond en un minimum de mots aux questions essentielles : qui ? quoi ? quand ? où ? éventuellement : comment ? et pourquoi ? C’est une information sans titre sur un fait d’actualité. Une brève est rarement seule, mais présentée dans un ensemble de brèves.
  • Le reportage constitue le genre journalistique par excellence. Il s’agit de rapporter des informations collectées au plus près de l’événement, dans le temps comme dans l’espace. Le reporter (francisé aujourd’hui en reporteur) doit s’imprégner au maximum d’un sujet : il est dans l’événement, faisant jouer tous ses sens perceptifs. Son mode d’écriture sera donc très descriptif, utilisant un vocabulaire coloré, qui donne à voir au lecteur. Celui-ci doit avoir l’impression « d’y être ».
  • L’interview consiste à interroger quelqu’un de représentatif d’un sujet, ou tout au moins quelqu’un dont les propos sont censés être significatifs. Ce genre est très approprié au souci de vulgariser car il fait appel au langage parlé et à la spontanéité. Il est donc explicatif et donne à entendre.
  • Le compte rendu résume un fait – spectacle, ouvrage ou audience de tribunal, par exemple. Le journaliste rend compte sous la forme d’un récit, dans un style synthétique, il donne à comprendre.
  • L’enquête recourt à ces trois genres. C’est plutôt l’artillerie lourde, elle vise à cerner un sujet de manière approfondie, à faire le point sur une question. Voir, entendre, comprendre.
  • Le billet est un article d’humeur, qui se veut souvent d’humour. Genre périlleux par excellence, il mélange légèreté et gravité, dans un style elliptique. Il interroge en donnant à réfléchir.
  • L’éditorial ou « édito » donne le point de vue de l’éditeur et même celui du journal ; on dit donc qu’il engage la rédaction. C’est l’écrit plutôt officiel, parfois pompeux, qui donne à penser en tirant plutôt vers l’avenir.

Choisissez un angle et déterminez le message essentiel de chaque article

Une fois que l’on a choisi le sujet de son prochain article, il faut être conscient que l’on ne pourra pas en aborder tous les aspects. On aurait toutes les chances d’aboutir à un article difficile à construire et, au final, confus pour son lecteur. Un article s’élabore à partir d’un angle, et un seul. Choisir un angle, c’est donc aborder un seul aspect d’un sujet.

Prenons un exemple : la rédaction du journal a décidé de traiter de l’élection du Conseil de la vie lycéenne (CVL) de l’établissement. Le rédacteur qui en est chargé peut envisager de traiter les aspects suivants : l’influence réelle du CVL dans la vie de l’établissement, le déroulement de l’élection et de la campagne électorale qui l’a précédée, la représentativité des élèves élus au CVL ou encore le regard croisé des adultes et des élèves de l’établissement sur le CVL.

Pour le lecteur, l’angle choisi est une porte d’entrée dans le sujet qui doit susciter sa curiosité. Pour le journaliste, c’est le moyen de porter un regard précis sur ce sujet. C’est le fil conducteur qu’il suit scrupuleusement dans sa recherche préliminaire d’informations, son enquête sur le terrain puis la rédaction de son « papier ».

Si un sujet vous passionne, mobilisez plusieurs rédacteurs qui prendront en main des articles abordant chacun un angle différent. L’ensemble des articles constituera alors une enquête ou un dossier, dans lequel le lecteur pourra se repérer facilement tout en profitant de la diversité des éclairages proposés.

Pour écrire un article, rassemblez toutes les informations utiles au traitement du sujet en vous posant systématiquement les six questions de référence (qui ? quoi ? quand ? où ? comment ? pourquoi ?), et avant de commencer à rédiger, demandez-vous : quel est le message principal, l’idée forte, à faire passer ? Le message essentiel doit pouvoir se formuler en deux phrases maximum quelle que soit la complexité du sujet. Si l’on y parvient pas, c’est que l’angle n’est pas assez précis et qu’il y a là matière à plusieurs articles.
 

Pour écrire vos articles, soignez six points importants

  • Le titre : Important car il donne envie de lire l’article. Il peut être plutôt incitatif (titre amusant ou bizarre qui renseigne peu sur le contenu de l’article) ou plutôt informatif (beaucoup de renseignements sur l’essentiel de l’information traitée dans l’article). Il peut être précisé ou renforcé par un surtitre et un sous-titre. C’est souvent plus facile à plusieurs, une fois l’article rédigé.
  • Le chapeau : Quelques lignes de texte. Elles résument l’essentiel de l’information et incitent à lire le reste.
  • L’attaque : C’est la première phrase de l’article proprement dit. Souvent une phrase bien travaillée, parfois un ou quelques mots. Il faut débuter sans hésiter : originale, brève et rythmée, l’attaque accroche le lecteur.
  • Les intertitres : Quelques mots qui jalonnent le texte de l’article toutes les trente à quarante lignes. Ils sont souvent tirés du texte.
  • La chute : C’est la dernière phrase de l’article. Souvent une phrase courte et travaillée, comme l’attaque. Importante car c’est l’impression finale que le lecteur garde de l’article : au bout du compte, quel sentiment veut-on lui laisser ?
  • Les légendes et les sources : À ne pas oublier si vous proposez des photos ou dessins (en vérifiant bien sûr que vous êtes autorisés à les publier!)

Ne perdez pas vos lecteurs !

Accrocher et intéresser le lecteur est un art qui utilise quelques ficelles bien utiles à connaître.

Toujours se souvenir du public auquel on s’adresse : Quels thèmes peuvent l’intéresser ? Comment les aborder ? De quelles informations dispose-t-il déjà sur le sujet ?

Avant de rédiger, bien définir le « message essentiel » de l’article : après avoir réuni toutes les données nécessaires, on doit pouvoir écrire en quelques mots l’idée fondamentale que l’on veut communiquer. Ce message doit arriver rapidement dans l’article. Eviter d’introduire longuement le sujet. Penser au lecteur qui risque de se lasser.

Trouver un fil conducteur : Il structure l’article, évite les répétitions, fournit un plan.
Dans les journaux, souvent, le plus important est placé au début (qui ? où ? quand ? pourquoi ? comment ?). Puis viennent des développements successifs qui précisent l’information par ordre d’intérêt décroissant.

Être vivant

  • ne pas hésiter à intercaler dans le corps de l’article de courts extraits d’interviews ou d’opinions en style direct,
  • privilégier le présent,
  • originalité et humour sont des ingrédients précieux.

Être clair et concis

  • expliquer les sigles utilisés,
  • présenter, même brièvement, les personnes interviewées ou citées,
  • faire des phrases courtes,
  • travailler la densité ; pas de tournures inutiles du genre « il convient également de souligner », « notons encore », etc.

Fabriquer un « vrai » journal

Observez de quelles manières la presse professionnelle met en scène l’information et inspirez-vous de son savoir-faire… sans vous départir de votre originalité de journal de jeunes.

Inspirez-vous de vos lectures

Ouvrez les journaux et les magazines !
Ils sont bien différents les uns des autres. Leur format, leur style, leurs titres ou leurs photos : tout diffère. Chaque titre a une personnalité, une unité de ton et une cohérence qui lui sont propres.
Voyez ce titre, à la une. Mesurez son étendue et sa portée. Regardez ici la place que tiennent les photos. Tiens ! là, il n’y en a aucune. Appréciez la fantaisie de cette mise en page. Et l’austérité de celle-ci, brrrr ! Suivez la rubrique gastronomique, au fil des jours (aucun risque de grossir). Souriez à la lecture de ce surtitre, tout plein d’humour.
Evaluez la surface de pub. C’est le nerf de la guerre. Vous le savez bien.
Examinez « à la loupe » les bons ou les mauvais caractères. Offrez-vous une brochette de brèves le long de ce gros article qui vous fait peur. Cherchez comment l’information, au bout du compte, est « habillée ». Dénombrez les colonnes, les lignes, les mots, les signes... Démontez tout. Et amusez-vous à remonter la une vous-mêmes. Vous verrez bien. Vous y voyez plus clair, beaucoup plus clair, jetez-vous à l’eau : le prochain journal, c’est le vôtre!

Travaillez votre maquette

Mettre en page, c’est faire respirer votre journal. La page est une image (par forcément sage), et votre mise en page, belle et attrayante, incitera le lecteur à plonger, sans hésiter, dans le vif du sujet : l’information.
La mise en page tient à la fois de l’art et de la technique. Elle doit allier trois qualités de base :

La lisibilité :

  • ne pas entasser le maximum de choses dans le minimum de place;
  • faire attention à l’espace vide autour du texte (les blancs) on « aère »...;
  • éviter une trop grande masse de texte d’un bloc;
  • couper le texte par des intertitres, des alinéas...;
  • hiérarchiser l’information et placer les articles, selon l’importance qu’on leur accorde, dans la page et dans le journal;
  • ne pas jongler avec les polices de caractères (monotonie ou trop grande diversité).

L’équilibre :

  • éviter la juxtaposition gratuite des textes à l’intérieur d’une même page;
  • adapter le titre à l’article qu’il introduit (grosseur, genre...);
  • choisir avec soin l’emplacement d’une photo, d’une illustration (sans les multiplier...);
  • éviter les symétries faciles (horizontales, verticales...);
  • harmoniser la force de corps (grosseur du caractère) et la justification (largeur de la colonne)

L’unité :

  • organiser l’ensemble d’une page, comme l’ensemble du journal, pour avoir un tout ordonné et cohérent;
  • choisir d’utiliser le même « ton », le même style, dans la présentation, le titrage...)

Le tout doit être un juste équilibre entre visuel et rédactionnel.

Illustrez votre journal dans le respect des droits !

Illustrer son journal dans le respect des droits (PDF, 4 p., à télécharger ci-dessous),  vous initie au droit d’auteur et au droit à l’image d’une façon claire et pratique : que sont les droits d’auteur et le droit à l’image ? Comment les mettre en oeuvre dans son journal scolaire ou lycéen ? Toute l’équipe est concernée par ces questions, du rédacteur en chef au maquettiste en passant par l’iconographe.

Communiquer pour être lu

Une fois le journal imprimé, le travail continue : comment faire pour qu’il soit lu ?

Communiquer autour du journal

Tout d’abord, il est important que le journal soit connu dans votre établissement ; d’où l’importance d’un titre accrocheur et facile à retenir.

Annoncer la sortie : il faut créer une attente chez le lecteur. N’hésitez pas à éveiller sa curiosité par un compte à rebours, une annonce du contenu du journal pour que le jour de sortie soit un véritable événement attendu par tous. Quels moyens utiliser ? Affiches, tracts mais aussi le site internet de l’établissement s’il existe, l’ENT, un groupe dédié dans les réseaux sociaux ; à vous de vous adapter à vos lecteurs et de leur donner envie de lire votre journal.

Les lieux
: si vous avez la chance d’avoir un local, signalez-le ! Une affiche, des unes d’anciens numéros sur la porte, de la signalisation, vous permettent d’avoir une existence physique. Si, ce n’est pas le cas, le CDI peut éventuellement vous consacrer un espace dédié, au moins pour l’affichage et l’archivage.

Les lieux de diffusion ont aussi leur importance : où les lecteurs peuvent-ils trouver le journal fraichement paru? Où relire les anciens numéros ? Documentaliste, CPE, enseignants, surveillants sont des relais indispensables pour la diffusion du journal, n’hésitez pas à les solliciter. Du côté des élèves, pensez aussi aux délégués de classe et, dans les lycées, aux élus CVL.

Communiquer avec ses lecteurs

Une  fois le journal paru et diffusé, interrogez-vous sur sa réception : les lecteurs l’ont-ils apprécié ? Quels articles ont-ils remporté le plus de succès ? Que faudrait-il améliorer dans un prochain numéro ?
Pour connaître vos lecteurs, rien ne remplace le contact direct : allez dans la cour, à la cantine avec un exemplaire et posez des questions. Avoir des réactions « à chaud » est toujours instructif.
Il faut aussi donner à vos lecteurs la possibilité de vous contacter, de participer, de s’exprimer, que cela soit via une boite aux lettres dans le couloir, une adresse e-mail ou un site. Cela fonctionnera d’autant plus si les lecteurs sont sollicités : organisez des jeux, des sondages, des concours, ouvrez vos colonnes à des parutions ponctuelles comme des billets d’humeurs, des poèmes, des courriers.

La boîte à outils de l’atelier journal

A celles et ceux qui se lancent dans une publication, on dit qu’il faut "écrire pour être lu". On pourrait ajouter "...et pour être compris". Une écriture claire, précise, concise, correcte du point de vue orthographique et grammatical, participe de la communication efficace d’informations et d’idées à autrui. Du dictionnaire au guide de conjugaison, toutes sortes d’outils doivent accompagner rédactrices et rédacteurs ; voici une sélection de ressources en ligne dans ce domaine. Et n’oubliez pas que pour bien écrire, il faut beaucoup lire !

L’atelier journal et Illustrer son journal / Mettre en page / Bien écrire dans (carolehourt)

D’autres ressources de référence pour faire votre journal

Le kit Créer son journal, de l’association Jets d’encre

Le kit Créer son journal conçu par Jets d’encre, une association nationale pour la promotion et la défense de la presse d’initiative jeune, avec le Délégué national à la Vie Lycéenne, réunit cinq fiches pratiques : construire l’identité de son journal, écrire pour être lu, élaborer une maquette efficace, financer son projet, droit et déontologie.

 

 

 

 

 

 

 

Campagne nationale pour la création de journaux dans les lycées

Dans le cadre de la réforme du lycée, la presse lycéenne est encouragée à se développer comme une composante majeure de l’éducation aux médias pour les lycéens. 

Après avoir fêté le vingtième anniversaire du droit de publication lycéen, réaffirmé par la réforme, l’Association Jets d’encre, le CLEMI, le Délégué national à la vie lycéenne et l’Observatoire des pratiques de presse lycéenne proposent une vaste campagne pour encourager la création de médias dans les lycées.
Suivez les actions prévues en 2012 et trouvez des ressources pratiques sur le site dédié créerunjournallycéen.

 

 

Rédaction, illustration et mise en page : les fiches pratiques de l’ARPEJ

Les ressources pédagogiques diffusées sur le site La presse à l’école de l’ARPEJ : fiches infos, fiches conseilset fiches techniques.