Intéresser, capter et retenir l’attention de ses lecteurs est le credo de tout journaliste : lire demande un effort. Il ne suffit pas d’écrire de bons papiers pour être lu. Il faut savoir « mettre en scène » les textes produits et les images. Imprégnez-vous, avec toute l’équipe de votre journal, des techniques de rédaction et de mise en page les plus essentielles. Et consultez, en fin de page, l’Atelier journal, pearltree rassemblant des guides utiles pour toutes les étapes de fabrication du journal : une véritable boîte à outils pour tout jeune rédacteur !
Recourir à quelques techniques d’écriture journalistique vous permettra d’offrir à vos lectrices et lecteurs un contenu varié et documenté.
Le genre journalistique est lié au moyen dont l’information est collectée et à son mode d’écriture ou de réalisation. Voici les principaux genres :
Une fois que l’on a choisi le sujet de son prochain article, il faut être conscient que l’on ne pourra pas en aborder tous les aspects. On aurait toutes les chances d’aboutir à un article difficile à construire et, au final, confus pour son lecteur. Un article s’élabore à partir d’un angle, et un seul. Choisir un angle, c’est donc aborder un seul aspect d’un sujet.
Prenons un exemple : la rédaction du journal a décidé de traiter de l’élection du Conseil de la vie lycéenne (CVL) de l’établissement. Le rédacteur qui en est chargé peut envisager de traiter les aspects suivants : l’influence réelle du CVL dans la vie de l’établissement, le déroulement de l’élection et de la campagne électorale qui l’a précédée, la représentativité des élèves élus au CVL ou encore le regard croisé des adultes et des élèves de l’établissement sur le CVL.
Pour le lecteur, l’angle choisi est une porte d’entrée dans le sujet qui doit susciter sa curiosité. Pour le journaliste, c’est le moyen de porter un regard précis sur ce sujet. C’est le fil conducteur qu’il suit scrupuleusement dans sa recherche préliminaire d’informations, son enquête sur le terrain puis la rédaction de son « papier ».
Si un sujet vous passionne, mobilisez plusieurs rédacteurs qui prendront en main des articles abordant chacun un angle différent. L’ensemble des articles constituera alors une enquête ou un dossier, dans lequel le lecteur pourra se repérer facilement tout en profitant de la diversité des éclairages proposés.
Pour écrire un article, rassemblez toutes les informations utiles au traitement du sujet en vous posant systématiquement les six questions de référence (qui ? quoi ? quand ? où ? comment ? pourquoi ?), et avant de commencer à rédiger, demandez-vous : quel est le message principal, l’idée forte, à faire passer ? Le message essentiel doit pouvoir se formuler en deux phrases maximum quelle que soit la complexité du sujet. Si l’on y parvient pas, c’est que l’angle n’est pas assez précis et qu’il y a là matière à plusieurs articles.
Accrocher et intéresser le lecteur est un art qui utilise quelques ficelles bien utiles à connaître.
Toujours se souvenir du public auquel on s’adresse : Quels thèmes peuvent l’intéresser ? Comment les aborder ? De quelles informations dispose-t-il déjà sur le sujet ?
Avant de rédiger, bien définir le « message essentiel » de l’article : après avoir réuni toutes les données nécessaires, on doit pouvoir écrire en quelques mots l’idée fondamentale que l’on veut communiquer. Ce message doit arriver rapidement dans l’article. Eviter d’introduire longuement le sujet. Penser au lecteur qui risque de se lasser.
Trouver un fil conducteur : Il structure l’article, évite les répétitions, fournit un plan.
Dans les journaux, souvent, le plus important est placé au début (qui ? où ? quand ? pourquoi ? comment ?). Puis viennent des développements successifs qui précisent l’information par ordre d’intérêt décroissant.
Être vivant
Être clair et concis
Observez de quelles manières la presse professionnelle met en scène l’information et inspirez-vous de son savoir-faire… sans vous départir de votre originalité de journal de jeunes.
Ouvrez les journaux et les magazines !
Ils sont bien différents les uns des autres. Leur format, leur style, leurs titres ou leurs photos : tout diffère. Chaque titre a une personnalité, une unité de ton et une cohérence qui lui sont propres.
Voyez ce titre, à la une. Mesurez son étendue et sa portée. Regardez ici la place que tiennent les photos. Tiens ! là, il n’y en a aucune. Appréciez la fantaisie de cette mise en page. Et l’austérité de celle-ci, brrrr ! Suivez la rubrique gastronomique, au fil des jours (aucun risque de grossir). Souriez à la lecture de ce surtitre, tout plein d’humour.
Evaluez la surface de pub. C’est le nerf de la guerre. Vous le savez bien.
Examinez « à la loupe » les bons ou les mauvais caractères. Offrez-vous une brochette de brèves le long de ce gros article qui vous fait peur. Cherchez comment l’information, au bout du compte, est « habillée ». Dénombrez les colonnes, les lignes, les mots, les signes... Démontez tout. Et amusez-vous à remonter la une vous-mêmes. Vous verrez bien. Vous y voyez plus clair, beaucoup plus clair, jetez-vous à l’eau : le prochain journal, c’est le vôtre!
Mettre en page, c’est faire respirer votre journal. La page est une image (par forcément sage), et votre mise en page, belle et attrayante, incitera le lecteur à plonger, sans hésiter, dans le vif du sujet : l’information.
La mise en page tient à la fois de l’art et de la technique. Elle doit allier trois qualités de base :
La lisibilité :
L’équilibre :
L’unité :
Le tout doit être un juste équilibre entre visuel et rédactionnel.
Illustrer son journal dans le respect des droits (PDF, 4 p., à télécharger ci-dessous), vous initie au droit d’auteur et au droit à l’image d’une façon claire et pratique : que sont les droits d’auteur et le droit à l’image ? Comment les mettre en oeuvre dans son journal scolaire ou lycéen ? Toute l’équipe est concernée par ces questions, du rédacteur en chef au maquettiste en passant par l’iconographe.
Documents à télécharger
Illustrer son journal dans le respect des droits
Une fois le journal imprimé, le travail continue : comment faire pour qu’il soit lu ?
Tout d’abord, il est important que le journal soit connu dans votre établissement ; d’où l’importance d’un titre accrocheur et facile à retenir.
Annoncer la sortie : il faut créer une attente chez le lecteur. N’hésitez pas à éveiller sa curiosité par un compte à rebours, une annonce du contenu du journal pour que le jour de sortie soit un véritable événement attendu par tous. Quels moyens utiliser ? Affiches, tracts mais aussi le site internet de l’établissement s’il existe, l’ENT, un groupe dédié dans les réseaux sociaux ; à vous de vous adapter à vos lecteurs et de leur donner envie de lire votre journal.
Les lieux : si vous avez la chance d’avoir un local, signalez-le ! Une affiche, des unes d’anciens numéros sur la porte, de la signalisation, vous permettent d’avoir une existence physique. Si, ce n’est pas le cas, le CDI peut éventuellement vous consacrer un espace dédié, au moins pour l’affichage et l’archivage.
Les lieux de diffusion ont aussi leur importance : où les lecteurs peuvent-ils trouver le journal fraichement paru? Où relire les anciens numéros ? Documentaliste, CPE, enseignants, surveillants sont des relais indispensables pour la diffusion du journal, n’hésitez pas à les solliciter. Du côté des élèves, pensez aussi aux délégués de classe et, dans les lycées, aux élus CVL.
Une fois le journal paru et diffusé, interrogez-vous sur sa réception : les lecteurs l’ont-ils apprécié ? Quels articles ont-ils remporté le plus de succès ? Que faudrait-il améliorer dans un prochain numéro ?
Pour connaître vos lecteurs, rien ne remplace le contact direct : allez dans la cour, à la cantine avec un exemplaire et posez des questions. Avoir des réactions « à chaud » est toujours instructif.
Il faut aussi donner à vos lecteurs la possibilité de vous contacter, de participer, de s’exprimer, que cela soit via une boite aux lettres dans le couloir, une adresse e-mail ou un site. Cela fonctionnera d’autant plus si les lecteurs sont sollicités : organisez des jeux, des sondages, des concours, ouvrez vos colonnes à des parutions ponctuelles comme des billets d’humeurs, des poèmes, des courriers.
A celles et ceux qui se lancent dans une publication, on dit qu’il faut "écrire pour être lu". On pourrait ajouter "...et pour être compris". Une écriture claire, précise, concise, correcte du point de vue orthographique et grammatical, participe de la communication efficace d’informations et d’idées à autrui. Du dictionnaire au guide de conjugaison, toutes sortes d’outils doivent accompagner rédactrices et rédacteurs ; voici une sélection de ressources en ligne dans ce domaine. Et n’oubliez pas que pour bien écrire, il faut beaucoup lire !
Le kit Créer son journal, de l’association Jets d’encre
Le kit Créer son journal conçu par Jets d’encre, une association nationale pour la promotion et la défense de la presse d’initiative jeune, avec le Délégué national à la Vie Lycéenne, réunit cinq fiches pratiques : construire l’identité de son journal, écrire pour être lu, élaborer une maquette efficace, financer son projet, droit et déontologie.
Campagne nationale pour la création de journaux dans les lycées
Dans le cadre de la réforme du lycée, la presse lycéenne est encouragée à se développer comme une composante majeure de l’éducation aux médias pour les lycéens.
Après avoir fêté le vingtième anniversaire du droit de publication lycéen, réaffirmé par la réforme, l’Association Jets d’encre, le CLEMI, le Délégué national à la vie lycéenne et l’Observatoire des pratiques de presse lycéenne proposent une vaste campagne pour encourager la création de médias dans les lycées.
Suivez les actions prévues en 2012 et trouvez des ressources pratiques sur le site dédié créerunjournallycéen.
Rédaction, illustration et mise en page : les fiches pratiques de l’ARPEJ
Les ressources pédagogiques diffusées sur le site La presse à l’école de l’ARPEJ : fiches infos, fiches conseilset fiches techniques.